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Tefal-pitya

LA REECRITURE POETIQUE DE LA MEMOIRE PAR L’ESTHETIQUE D’ARCHIVE DANS LE CINEMA OUEST-AFRICAIN

Publication Date : 10-08-2026


Auteur(s) :

DOGNON Elavagnon Dorothée.


Volume/Numéro :
Volume 1
,
Issue 2
(08 - 2026)



Résumé :

Cette étude porte sur la manière dont le cinéma documentaire consacré au Bénin mobilise l’archive non comme pièce probante mais comme matière sensible, et sur ce que cette opération fait à l’écriture de l’histoire. Elle prend pour objet principal Dahomey de Mati Diop (2024), film tourné lors du transfert à Cotonou, en novembre 2021, de vingt-six œuvres du trésor royal d’Abomey saisies par les troupes du général Dodds en 1892. L’analyse est adossée à l’histoire de la conquête du royaume du Danxomè, à celle de la constitution des fonds coloniaux et à celle des politiques patrimoniales béninoises contemporaines. L’étude établit que le recours à l’archive y opère un déplacement du régime de preuve vers le régime de la figure, et que ce déplacement n’est pas un défaut de rigueur mais une réponse adaptée à une documentation structurellement lacunaire, dispersée entre Porto-Novo, Dakar et Aix-en-Provence. Les entretiens conduits auprès de spécialistes confirment la fonction du film dans la constitution d’une mémoire publique de la restitution, tout en signalant la persistance de zones d’ombre concernant les groupes demeurés hors archive. Trois contrepoints ouest-africains — au Nigeria, en Afrique du Sud et au Ghana — sont mobilisés en fin d’étude afin d’éprouver la portée des résultats hors du cas béninois. L’article ouvre enfin sur l’incidence de la numérisation des fonds coloniaux dans la transmission de la mémoire et dans l’élaboration des récits patrimoniaux.


No. de téléchargement :

0


Titre en anglais:

THE POETIC REWRITING OF MEMORY THROUGH ARCHIVAL AESTHETICS IN WEST AFRICAN CINEMA

Résumé en anglais:

This study examines how documentary cinema devoted to Benin mobilises the archive not as evidence but as sensitive material, and what this operation does to the writing of history. Its main object is Mati Diop’s Dahomey (2024), filmed during the November 2021 transfer to Cotonou of twenty-six works from the royal treasure of Abomey, seized by General Dodds’s troops in 1892. The analysis is grounded in the history of the conquest of the Danxomè kingdom, in the formation of colonial record collections, and in contemporary Beninese heritage policies. The study shows that the use of archives shifts the film from a regime of proof to a regime of figuration, and that this shift is not a lack of rigour but a response to structurally incomplete documentation scattered between Porto-Novo, Dakar and Aix-en-Provence. Three West African counterpoints — in Nigeria, South Africa and Ghana — are used to test the scope of these findings beyond the Beninese case.