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Tefal-pitya

APPROCHE ETHNOARCHEOLOGIQUE DE L’ART DE LA TERRE CUITE CHEZ LES POTIERES DE GAOUA (BURKINA FASO)

Publication Date : 10-08-2026


Auteur(s) :

BIRBA Noaga.


Volume/Numéro :
Volume 1
,
Issue 2
(08 - 2026)



Résumé :

À Gaoua, dans le Sud-Ouest du Burkina Faso, la fabrication de la poterie lobi suit une chaîne opératoire précise, que ce terrain mené dans les ateliers de Djantara, Djilègniora et Niobini restitue par l'observation directe et des entretiens semi-directifs. L'argile, prélevée dans des gisements différenciés selon le volume des pièces à produire, est mise à maturer puis dégraissée à la chamotte ou à la bouse de bœuf. À Djantara, la famille Da Kpèbourêna est la seule à pratiquer le moulage sur forme convexe, où une poterie ancienne renversée sert de matrice aux grandes jarres, alors que les autres potières, à Djantara comme à Djilègniora, s'en tiennent au modelage et au colombinage, signe d'une spécialisation transmise par lignée plutôt que d'une technique partagée. Chaque pièce est ensuite lissée puis décorée par impressions, incisions ou cannelures avant d'être cuite dans des fours tronconiques maçonnés dont l'architecture varie d'un atelier à l'autre ; ces fours ont largement supplanté, en une vingtaine d'années, la cuisson à l'air libre. Cette mutation technique s'accompagne de règles sociales tout aussi contrastées, puisqu'à Djantara le façonnage et l'enfournement restent réservés aux sœurs utérines quand Djilègniora s'organise dans un cadre plus ouvert. Le réemploi de poteries anciennes comme moules offre une piste de lecture pour le registre céramique archéologique régional. Le feu ouvert et la cuisson en four laisseraient aussi, sur la pâte cuite, des traces distinctes qu'il reste à caractériser. Une typologie morphométrique et des analyses de laboratoire permettraient d'approfondir cette documentation.


No. de téléchargement :

0


Titre en anglais:

AN ETHNOARCHAEOLOGICAL APPROACH TO TERRACOTTA ART AMONG THE POTTERS OF GAOUA (BURKINA FASO)

Résumé en anglais:

In Gaoua, in the south-west of Burkina Faso, the production of Lobi pottery follows a precise process, which this study conducted in the Djantara, Djilègniora and Niobini workshops captures through direct observation and semi-structured interviews. The clay, which is taken from deposits differentiated according to the volume of pieces to be produced, is left to mature and then degreased with chamotte or cow dung. In Djantara, the Da Kpèbourêna family is the only one to practise moulding on a convex form, where an old pottery piece is used as a matrix for large jars, while the other potters, in Djantara as well as in Djilègniora, stick to modelling and coiling, which is a sign of specialisation passed down through the family rather than a shared technique. Each piece is then smoothed and decorated by impressions, incisions or cannelures before being baked in conical masonry ovens whose architecture varies from one workshop to another; these ovens have largely replaced open-air baking in the last twenty years. This technical change is accompanied by equally contrasting social rules, since in Djantara, the shaping and firing remain the responsibility of sisters, whereas in Djilègniora, the process is more open. Reusing ancient pottery as moulds provides an interpretive approach to the regional archaeological ceramic register. Open fires and firing in ovens would also leave distinct traces on the baked clay that remain to be characterised. A morphometric typology and laboratory analyses would allow this documentation to be further refined.